Sacagawea est une figure presque légendaire dans l’histoire de l’Ouest américain.
Ecoutez cette étrange prophétie:
‘’ Le jour est proche où tu partiras pour un grand voyage dans un pays inconnu. Tu guideras des hommes de peuples différents. Tu appartiendras aux légendes dans de nombreuses vies d’hommes, tu seras aimée et respectée par d’autres nations.’’
Telle est la prédiction que lui a faite sa grand-mère et à laquelle Sacagawea n’échappera pas.
Fille d’un chef indien d’Amérique de la tribu des Shoshones vivant sur le territoire des Etats-Unis actuels, Sacagawea (qui signifie femme oiseau) était née vers 1788 dans la région d’Idaho.
Elle est capturée et faite prisonnière à l’âge de 11 ans lors d’une attaque sanglante menée par les Indiens Hidatsas.
Elle est emmenée de force dans leur village à plusieurs centaines de miles de son domicile et est impitoyablement réduite au rang d’esclave, se faisant sans cesse rabrouer et humilier.
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Ce n'est pas Sacagawea , mais elle devait lui ressembler.
Merci à Josiane Alabama du Club '' Les Coyottes '' de Braine L'Alleud - Belgique pour nous avoir fait connaître cette histoire. Voir son Blog.
Les Indiens Hidatsas, appartiennent à une tribu Amérindienne originaire du Dakota du Nord, ils sont alliées aux tribus Mandan et Arikara, ensemble, ils forment une nation connue sous le nom de « Trois tribus affiliées » Les Hidatsas que l’on appelle aussi « Gros Ventres de la rivière » parce qu’ils s’étaient établis le long des rives du Missouri dans l’ouest du Montana, vivaient dans des huttes faites de terre en forme de dôme, regroupées autour d’une place centrale et encerclées de palissades en rondins pour protéger le village des envahisseurs.
Indiens Shoshones
Comme les Mandans et les Arikaras leurs proches voisins, avec qui ils entretenaient des relations pacifiques, le peuple Hidatsa vivait à la fois de ses produits de pêches et de ses cultures de maïs, de haricots, de tournesols et de courges, mais aussi celle du tabac. Etant de mauvais chasseurs, les Hidatsas chassaient relativement peu et n’organisaient qu’une seule chasse au bison par an.
Aussi, pour subvenir à leurs besoins alimentaires, ils échangeaient les produits de leurs récoltes contre les peaux et de la viande de bison auprès des tribus des grandes Plaines comme celles les Comanches et les Cheyenne.
Munis d’arcs, de flèches et de lances qu’ils portaient sur le dos, les Hidatsas marchaient régulièrement vers l’Ouest dans les montagnes Rocheuses pour chasser le gibier et combattre les tribus Shoshones et les Pieds Noirs. Bien que ce groupe ethnique soit d’un tempérament belliqueux, les batailles n’avaient pas pour but de s’enrichir, ni de se venger.
Ils se battaient naturellement pour des raisons rituelles. C’était surtout pour les jeunes hommes Hidatsas une façon de faire leurs preuves afin de s’affirmer et de s’imposer en tant que chef de file de la tribu.
Pendant les 2 années qui suivirent ma capture, j’ai du me familiariser avec les coutumes Hidatsas et apprendre leur langue.
Dotée d’un esprit curieux, je m’intéresse à la nature environnante. La faune et la Flore n’ont pas de secret pour moi. Je vous l’accorde, je suis un peu espiègle et bavarde, mais cela ne m’empêche pas de partager mes moments de distraction avec les jeunes enfants dont j’ai la garde au village.
Je suis aussi invitée aux réjouissances communes lors des grandes circonstances, comme par exemple, à l’occasion de la fête du maïs et du bison qui étaient célébrées sur les rives du fleuve Missouri.
Une bande de peau de cerf garnie d’une plume d’épervier attachée autour du front retenait ma longue chevelure, qui tombait sur une robe de daim ornée de dents de wapiti et de coquillages. De jolis mocassins aux pieds, j’étais je l’avoue humblement une belle fille qui ne passait pas inaperçue dans ces soirées festives.
Je suis Toussaint Charbonneau, un métis Franco Canadien j’habite Mandan et suis invité ce soir à la fête du bison. Je remarquais dans l’assistance une jeune fille pleine de fraîcheur et d’innocence, différente des autres. Je me renseignais sur elle et j’appris qu’elle avait été enlevée dans le village Mandan.
Elle se trouvait autour du grand feu, avec des femmes dont la fonction était d’attirer le bison et mimaient face aux hommes leurs façons de faire. Des hommes à leur tour pratiquaient la Danse du Soleil. Elle avait lieu une fois par an pendant le solstice d'été afin de célébrer le Bison.
Danses du Soleil
Je profitais de cette ambiance très particulière pour faire un vœu : « ramener Sacagawea dans sa tribu ».
Je savais que les Hidatsas aimaient toutes sortes de jeux, notamment le lancer de javelot.
Je proposais au chef de la tribu de jouer une partie dont l’enjeu serait la libération de la jeune fille si je sortais gagnant.
Sacagawea se tenait debout, son visage éclairé par la lueur des flammes, le regard droit, elle ne quittait pas des yeux l’homme qui allait décider de son avenir. Attentive à tout ce qui se disait autour d’elle, elle savait que la description de Charbonneau n’était pas flatteuse : il était lâche, maladroit, connu aussi comme étant violent avec les femmes. Il vivait déjà avec une très jeune épouse Shoshone, dont on ne savait rien, son âge restait un mystère, personne ne connaissait son nom, tous l’appelaient « l’autre femme »
Charbonneau gagna et emmena la jeune Sacagawea. La jeune fille a changé de hutte et de village, mais sa condition humaine est restée inchangée, sinon pire : une esclave humiliée, battue, subissant les sautes d’humeur d’un époux aux comportements imprévisibles. Deux années de sa jeune vie se passent encore ainsi. Parfois, elle se plonge dans le souvenir de son enfance, de son village Shoshone, elle revoit sa grand-mère et l’entend répéter la prédiction qu’elle lui avait faite : Une femme aimée, respectée, guidant des hommes dans des pays inconnus.
Clark & Lewis
En 1804, sous les ordres du Président Américain Thomas Jefferson, deux explorateurs du nom de Lewis et Clark, ont pour mission de faire une étude sur les tribus amérindiennes, la faune, la flore et la géologie des ces contrées. Il s’agissait aussi de trouver des fleuves navigables en vue de développer le commerce vers l’Océan Pacifique.
Le Fort Mandan fut construit par les deux explorateurs à Fort Berthold au nord ouest des régions Hidatsa et Mandan, il servit de point de départ vers les Montagnes Rocheuses. Pour mener à bien leur mission, les deux hommes ont besoin de la présence de guides et d’interprètes qu’ils trouvent en Charbonneau.
Celui-ci informe que ses deux squaws sont des indiennes snakes (Shoshone), elles parlent le Siounan et le Shoshone. Les explorateurs engagèrent Charbonneau et emmenèrent avec eux la jeune Sacagawea alors âgée de 15 ans, malgré le fait qu’elle était enceinte de 6 mois de son premier enfant. Clark pense qu’une femme dans un groupe d’hommes est garante de paix et que sa simple présence est un atout auprès des Indiens qu’ils rencontreraient sur leur route. La connaissance de Sacagawea des peuples et des milieux traversés assure pour une grande partie le succès de l’expédition qu’elle sauve de l’échec à au moins deux reprises : Elle évite la perte de vivres et de documents dans des rapides. Quand l’expédition eut atteint les limites navigables du Missouri, Lewis tenta d’entrer en contact avec une bande de Shoshone hostiles à leur passage.
‘’ Sacagawea peux tu donner un message de paix à ces indiens ‘’dit Lewis
Sacagawea s’avança pour servir d’interprète, elle se trouva nez à nez avec son frère aîné Cameahwait devenu chef de la tribu à la mort de leur père.
« Oh ! Quelle joie de te retrouver, fais-moi plaisir accepte le message de paix de l’homme blanc ».
Profondément émue par cette rencontre, Sacagawea aurait pu profiter de cette opportunité pour retourner auprès des siens, mais elle décida d’aider les explorateurs à obtenir les chevaux dont ils avaient besoin et continua le voyage avec eux et son mari vers le pacifique.
Le Président Thomas Jefferson
Quelques semaines avant que l’expédition ne retourne vers sa base, Sacagawea donne naissance à un garçon. L’enfant est en bonne santé, il porte le nom de Jean-Baptiste Charbonneau mais il est appelé Pomp ou Pompey par Clark qui s’est pris d’affection pour lui. Ils reprennent ensuite la route vers Fort Mandan, l’enfant est posé dans un berceau de planches, il est porté tout au long du voyage sur le dos de sa mère. Bien vite, les explorateurs remarquent que la santé de Sacagawea devient de plus en plus chancelante. La naissance de Pompey et les longues marches l’affaiblissent, d’autant plus qu’elle continue à subir la maltraitance de son époux tout au long du trajet.
Clark appelle le responsable de l’intendance et ordonne :’’ Fais en sorte qu’un surplus de nourriture et de thé soit servi à cette femme. ‘’
Après une année et demi d’aventures, vers les montagnes rocheuses, à parcourir les cotes de l’océan Pacifique, l’expédition a parcouru plus de 5000 kilomètres, lorsque Clark envisage le retour vers le Dakota.
Clark souhaitait que la famille Charbonneau s’installe en Louisiane dans l’espoir de contribuer à l’éducation de Pompey.
« Viens vivre avec nous en Louisiane » dit Clark à Charbonneau !
Celui-ci accepta mais après quelques mois, ne s’habituant pas à la vie civilisée, la famille Charbonneau prit la route vers Mandan.
Dans leur journal, Lewis et Clark font le rapport suivant : Charbonneau s’est rendu utile en qualité de cuisinier et interprète, il a acquitté ses fonctions avec loyauté. Il convient de noter que l’homme a manqué de compétence en navigation, ce qui a provoqué deux catastrophes dans la rivière Missouri. Querelleur, lâche, poltron, polygame, il était aussi violent envers son épouse amérindienne.
Sacagawea, une dame bien, qui a gardé la tête froide dans l’urgence, au caractère doux et gentil, a été un très bon guide. Son rôle d’interprète a été plus efficace que ne l’a été son mari tout au long de l’expédition, elle s’est adaptée aux mœurs et attachée aux hommes blancs. Il souligne également le côté méritoire de la jeune femme en rappelant qu’elle avait par deux fois sauvé l’expédition de l’échec et ce, malgré les dangers durant le voyage (rapides du Missouri, la faim, le froid, les attaques d’ours).
En décembre 1812 Sacagawea meurt à l’âge de 25 ans en donnant naissance à sa fille Lisette, victime de l’épidémie de variole introduite par les colons blancs et qui anéantit presque toute la population Hidatsa et Mandan.
A sa demande, Clark obtient dans le cadre d’un contrat de tutelle par une instance de Saint-Louis, la garde officielle des enfants nés de Charbonneau et Sacagawea.
Bibliographie et Médias
En mémoire : Nommés en son honneur :
-Le lac Sacagawea, créé en 1956 dans le Dakota du Nord sur le Missouri, troisième plus grand lac artificiel des Etats-Unis,
-La Sacagawea River, une rivière du Montana
-USS Sacagawea, nom porté par plusieurs navires de l’US Navy
-Une pièce d’un dollar, frappée depuis l’an 2000 ( Ce n'est pas son effigie )
Médias
-Son personnage joue un rôle important dans le film « La nuit au musée » 2006
- Son personnage est repris dans l’épisode « En marge de l’histoire » des Simpsons
- elle est évoquée dans la chanson Black Man de Stevie Wonder.
- Son personnage joue un rôle important dans « Le chant du grand nord » roman en deux tomes de Nicolas Vanier.
Sources et liens :
Statue de Sacagawea
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