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Fort Alamo et le trio héroïque
Qu'est-ce qu'Alamo ?
En 1836, les colons américains du Texas, appuyés par certains mexicains, se soulèvent contre le pouvoir autoritaire du président mexicain Santa Anna. Alors que les rebelles tentent d'organiser leur armée au nord de la province, un groupe de 189 volontaires de toutes origines dont le légendaire David Crockett se retrouvent assiégés dans une petite mission en ruine à peine fortifiée: El Alamo. Encerclés par une armée mexicaine forte de plusieurs milliers d'hommes désireuse de mater cette révolution, ils vont décider de rester et de mourir au nom de leurs idéaux. Leur sacrifice, au terme d'un sanglant assaut final, va permettre d'affaiblir et de retarder considérablement les forces de Mexico.
le siège et la bataille du Fort Alamo seront immortalisés dans les films de John Wayne(1960) et John Lee Hancock(2004) Cet évènement, injustement méconnu en Europe, est pourtant un fait historique majeur du continent Américain.
En effet, en 1836, le Texas est une province mexicaine et les colons nord-américains appuyés par certains mexicains contestent le
pouvoir central de Mexico alors tenu d'une main de fer par le Napoléon de l'Ouest: le général Antonio Lopez de Santa Anna. Le fort Alamo, vieille chapelle franciscaine, se trouve à San Antonio,
actuellement métropole américaine. Il a, depuis toujours, été le théâtre de combats en tout genre et en cet hiver 1836, il s'apprête a devenir le lieu d'un acte d'une extraordinaire intensité qui
prit fin après treize jours de siège dans un bain de sang.
David
Crocket
Jim
Bowie
W.B.Travis
Voilà les portraits des trois grandes figures emblématiques de la tragédie d’Alamo : James Bowie, William Barret Travis et
David Crockett. Ce dernier avait été élu député du Congrès des Etats-Unis à deux reprises. « Quand il arrive à Alamo, il est déjà une légende. On lui a consacré des biographies, un
Almanach Crockett (publié en 1835) et même une pièce de théâtre. »
Né dans le Tennessee le 17 août 1786, David Crockett avait une ascendance française. « Son ancêtre, Antoine de Crocketagne, négociant en vin et en sel, originaire du sud de
la France, a émigré en Amérique au XVIIe siècle. Le troisième fils de cet Antoine de Crocketagne épousera Sarah Stewart. De leur union naquit William, qui engendra David, le grand-père de notre
“Davy”. Un grand-père massacré par les indiens en août 1778. »
La carrière politique de son petit-fils démarre en 1817, quand il est élu juge de paix. Avant, il s’était surtout illustré en tant que chasseur d’ours et en faisant la guerre contre les Indiens
Creeks (pour venger pépère), sous les ordres du général Andrew Jackson. Sa renommée, et son talent de tribun — c’était aussi un conteur homérique —, lui permirent donc d’être élu deux fois
au Congrès. Après avoir été battu en 1835, il viendra au Texas pour essayer de reconquérir, dans ce pays en train de se faire, une nouvelle dimension politique ». Il y trouvera la mort, mais
aussi, en y rencontrant l’Histoire avec un grand H, une gloire éternelle...
Jim Bowie, lui, était né en 1796 dans le Kentucky. Après avoir exploité brièvement une scierie avec ses frères, il se fit « trappeur et montreur d’alligators
apprivoisés ». Puis il s’enrichit dans la flibuste et le trafic d’esclaves. Sans renoncer pour autant à sa vie aventureuse. Au cours de ses pérégrinations, « il rencontra un forgeron du
nom de James Black, qui possédait une sorte de génie naturel pour le traitement des métaux ». De leur collaboration, naquit le célèbre Bowie-knife : « Une lame large de
cinq centimètres, longue de trente-cinq, incurvée à sept centimètres de la pointe en un redoutable tranchant, avec une garde de dix centimètres, bref une épée de poche. » Dont Jim Bowie,
bagarreur né, utilisa souvent les services dans des rixes, parfois mortelles. Et puis, le turbulent baroudeur rencontra l’amour en la personne d’une jeune et belle Mexicaine, qu’il épousa. Il
venait justement « d’acheter un million d’acres à San-Antonio de Bexar, dans un Texas alors mexicain ». Par son mariage, il devint également le gendre du vice gouverneur et prit même un
temps, par amour pour son épouse, et peut-être en hommage à son beau-père, la nationalité mexicaine. Las ! En 1833, sa femme et ses deux filles périrent lors d’une épidémie. Fou de douleur,
le grand aventurier, « égaré de chagrin et de souffrance », chercha alors la mort en revenant à ses vieux démons : l’alcool et la violence. Il la trouva finalement trois ans plus
tard, dans l’apothéose sanglante du siège d’Alamo, le Camerone du Texas.
William Barret Travis, né en 1809 en Caroline du Sud, était le plus jeune de l’héroïque trio. Le plus intellectuel aussi. C’est en tant qu’avocat, après avoir un peu tâté du
journalisme, qu’il s’installe à Anahuac, où très vite il s’impliqua « totalement » dans le combat des colons luttant pour leur indépendance. « Travis a, grâce à ses proclamations,
ses lettres, ses messages, ses notes, grandement contribué à la connaissance — et à la reconnaissance historique — du siège d’Alamo. »
Dans
l’Ouest, quand la légende l’emporte sur la réalité, on imprime la légende.
Nous sommes le 6 mars 1836, il est quatre heures du matin et le fort tout entier est endormi. Les sentinelles se sont assoupies, épuisées comme tous les défenseurs par les treize jours de siège dont les nuits ont été perturbées par d'intenses bombardements. A l'extérieur, l'armée mexicaine prend position pour l'assaut final. Un peu avant cinq heures, les Mexicains passent à l'offensive sous les cris "Viva Santa Anna" et attaque Alamo par les quatre cotés.
Mort de W. B. Travis
Le jeune Colonel défendit le mur du nord, touché d'une balle dans la tête, il mourut sur le coup. Il avait 26 ans Mort de Jim
Bowie
Jim Bowie, trop malade pour combattre gardait la chambre près de la porte principale du sud-ouest. Les Mexicains y pénétrèrent en nombre. Bowie vida son chargeur mais fut tué par
les baïonnettes des assaillants..
Mort de David Crockett
David Crockett et ses compagnons ont vraisemblablement été
faits prisonniers. Malgré l'intervention d'un officier Mexicain, voulant en faire des prisonniers de guerre, Santa Anna ordonna leur exécution. L'officier nota: "Malgré le fait que les
prisonniers furent malmenés, ces malheureux moururent sans se plaindre et avec dignité devant leurs tortionnaires."
L'Après Alamo
Alamo est donc tombé ce 6 mars 1836. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre dans un Texas tenu en haleine par les missives du Colonel Travis désormais véritable martyr comme ses 188 compagnons d'infortune. Santa Anna pense que ce massacre aura servi d'exemple et terrorisé les rebelles. Rappelons-nous que, plus au Nord, le Général Sam Houston prépare son armée qui a eu treize jours supplémentaires grâce aux défenseurs d'Alamo.
L'armée mexicaine a été particulièrement affligée par l'assaut final qui lui a coûté entre 1000 et 2000 soldats. Du côté Texan,
les insurgés peuvent compter à présent sur un contingent d'un peu plus de 1000 hommes pour Houston et près de 400 pour le Colonel Fannin à Goliad. Il faut savoir que ce dernier, effrayé, avait
refusé de venir en aide aux défenseurs d'Alamo.
Antonio Lopés de Santa Anna
Santa Anna pense avoir porté un coup fatal à la révolution Texane. Il souhaite en finir rapidement en pourchassant Houston et ses hommes. Il commet une première erreur en divisant son armée en
trois. Une partie est destinée à prendre à revers l'ennemi, l'autre doit aller à Goliad où le colonel Fanin commande 400 hommes. Enfin, Santa Anna avec 800/900 soldats part à la poursuite de
Houston. Le président Mexicain remporte sa dernière victoire à Goliad où les troupes de Fannin sont massacrées.
Houston ne cesse de reculer malgré le mécontentement du Gouvernement Révolutionnaire et de ses hommes, pressés de venger Alamo. Travis et ses hommes, de par leur décision héroïque de rester et de
mourir pour le Texas, ont galvanisé tout le Texas. Mais la peur, réveillée par le massacre de Goliad, s'installe aussi. Houston parvient toutefois à organiser son armée. Les mexicains ne sont
plus qu'à un kilomètre... Nous sommes à San jacinto.
La Bataille de San Jacinto
Les Texans sont partagés. Faut-il lancer l'offensive? Santa Anna attend des renforts. Il est 15H30 et Houston prend un risque énorme en ordonnant l'attaque du campement mexicain, qui, à la
surprise générale, fait la sieste! Quelle erreur de Santa Anna! Les chevaux sont même en train de paître en liberté. La bataille ne durera que 18 minutes. Le bilan est encore une fois très lourd
avec plus de 500 soldats mexicains tués. Les Texans hurlent un cri désormais célèbre outre-atlantique: REMEMBER THE ALAMO. Santa Anna et 600 hommes sont faits prisonniers.
La soif de vengeance est telle du côté texan que Houston a toute les peines du monde à éviter l'exécution sommaire de Santa Anna. En y parvenant, Houston obtient l'indépendance du Texas contre la
vie du président du Mexique.
Quelques années plus tard, le Texas deviendra membre des Etats-Unis.
Les marécages qui bordent le champ de bataille Les Forces en présence .
Un site à voir sur Fort Alamo
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